La cinquante et unième édition du Tiff bat son plein du 10 au 20 septembre cette année. 293 films sont programmés pour le plus grand festival nord-américain ouvert au grand public.
Dans cette chronique on va parler des réalisatrices francophones qui sont au rendez-vous de cette nouvelle édition du festival de Toronto.
Parmi elles, on retrouve des réalisatrices locales, venues de France, d’Haïti, mais aussi d’Afrique francophone. Des parcours qui sont très différents, mais qui ont un point en commun : ces réalisatrices utilisent le cinéma pour raconter des histoires intimes, politiques ou historiques avec des perspectives féminines qui sont les bienvenues dans une industrie cinématographique qui a un visage très masculin. Ça fait donc du bien de voir des films réalisés par des femmes venant d’univers et de cultures différentes programmés à Toronto.
Alors du côté français, on retrouve notamment Marine Atlan avec son film Gradiva qui a reçu le grand prix de la critique cette année au Festival de Cannes et qui est présenté au Tiff en première Nord-Américaine. C’est le premier long métrage de cette réalisatrice qui est plus connue comme directrice de la photographie. Son film suit un groupe d’ados français lors d’un voyage scolaire à Naples, et Pompéi en Italie et les péripéties qu’ils vivent. Le film donne la part belle aux bouleversements de l’adolescence. Une période très chargée émotionnellement pour les jeunes qui se cherchent et vivent pleinement leurs émotions comme le désire la sexualité, la frustration et le sentiment d’invisibilité.
Changeons maintenait de continent. Cette année le Tiff a sélectionné Ben’Imana, le premier long métrage de la réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo. Le film est lui aussi passé par Cannes. C’est d’ailleurs la première fois qu’une cinéaste rwandaise intègre la prestigieuse sélection officielle du festival. Il s’est fait très remarqué en gagnant deux prix : la Caméra d’Or ainsi que le prix FIPRESCI dans la section Un Certain Regard. Le film se déroule au Rwanda juste après le génocide en 1994 et s’intéresse aux questions de justice, de réconciliation et de transmission du traumatisme. Le film arrive en première nord-américain.
Géssica Généus, réalisatrice haïtienne sera présente à Toronto dans la sélection Centerpiece avec son deuxième long métrage Marie Madeleine qui a lui aussi été présenté à Cannes en mai dernier. Le film interroge sur la religion, le pouvoir et les réalités sociales haïtiennes. C’est la deuxième fois que la cinéaste est présente au Tiff. Son premier long métrage Freda avait été lui aussi programmé à Toronto. L’occasion de découvrir une cinéaste qui travaille entre Haïti et la France
Du côté canadien on retrouve une habituée du Tiff : Sophie Deraspe. En 2024 elle avait remporté le prix du meilleur film canadien au Tiff pour son film Bergers. Vous aviez même pu être entendu l’entrevue que j’avais faite avec elle. Après donc les sélections d’Antigone, Les Oiseaux ivres et Bergers, la cinéaste canadienne revient pour l’édition 2026 avec un nouveau film, mais cette fois-ci un documentaire qui s’intitule Le dernier acte.
D’autres cinéastes québécoises seront à Toronto avec leurs courts métrages. Il y a notamment Gabrielle Côté qui présentera son court métrage Re/Route produit par l’Office National du film ainsi que Justine Prince avec Presque Rose. Autre présence dans le programme Short Cuts : La comète de Julie Charrette.
Des histoires différentes, des langues différentes, des trajectoires différentes, mais on voit l’envie de ces cinéastes de raconter des histoires profondes, émouvantes et impactante. Un cinéma au féminin comme on les aime.

